Ateliers Langages

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LANGAGES ET IDENTITÉS (Études catalanes, hispaniques, sciences du langage)
Responsable : Christian Lagarde
Responsables adjointes : Mireille Bilger, Martine Berthelot Puig-Moreno
 
CADRE THÉORIQUE
L’axe regroupe des enseignants-chercheurs, chercheurs et doctorants relevant de différents champs disciplinaires dont l’intérêt commun, indépendamment de la langue – dite « nationale », « étrangère » ou « régionale », « première » ou « seconde » – qu’il véhicule, se porte sur le langage, au-delà du périmètre des dénommées « sciences du langage ». La nature même du langage, on le sait, déborde la langue, de par son inscription dans la corporéité, à travers la phonation, l’intonation et la dimension mimo-gestuelle, toutes choses qui renvoient le langage à sa dimension culturelle. 
La langue est au fondement de la culture, dont elle n’est certes qu’une partie, mais qui joue un rôle prépondérant, à travers l’appréhension de l’environnement et la transmission des savoirs, dans la constitution des sujets, aussi bien individuels que collectifs, et par-là même à leur(s) identification(s). Les langues ont en effet une double fonction – parfois contradictoire, mais toujours complémentaire – de communication et symbolique, qui met en branle et en question l’identité. 
Celle-ci se noue en permanence entre l’échange (l’interaction consentie ou revendiquée) et la revendication (potentiellement ou effectivement conflictuelle), non pas tant dans les systèmes (linguistiques ou culturels) mis en contact que dans les discours (oraux, textuels ou iconiques) produits, reçus, interprétés, à partir de présupposés qui s’avèrent rarement neutres, chargés – consciemment ou non – d’intentionnalités que la perception instantanée puis l’analyse se charge(ro)nt de décrypter.
 
ACQUISITION, MANIPULATION, HYBRIDATIONS ET CONFLITS
L’éventail de la recherche se veut large et ouvert, depuis les apprentissages non-formalisés (dits ‘acquisition’) formateurs de sujets bi- ou plurilingues jusqu’à l’analyse de discours visant à en mettre en évidence les implicites, dont les fins illocutoires et perlocutoires sont éventuellement masquées en vue d’une mise en œuvre manipulatrice. Entre ces deux extrêmes se profilent : l’analyse – quantitative et qualitative – de corpus de langue orale, tant au plan morphosyntaxique que lexico-sémantique ; l’analyse sociolinguistique qui relie les productions langagières aux contextes ; les analyses traductologiques, comme point de rencontre interlinguistique et interculturel ; les analyses iconographiques, comme mode à la fois concret et symbolique de représentation. 
Un sort particulier est réservé aux productions orales, aux formes de l’oralité et plus largement de l’oralisation, que ce soit à travers les corpus de langue parlée, les expressions poétiques et théâtrales, ou bien encore les traditions orales. Une seconde polarité des activités réalisées, est constituée par les rapports complexes des langues et cultures aux identités, via des systèmes de représentations qui s’incarnent dans différentes sortes de langages.
Qu’elles soient ethniques ou nationales, ou qu’elles soient passées au filtre de la rationalité ou de l’émotionnel, qu’elles se trouvent assignées et subies, ou bien au contraire revendiquées et étayées par des stratégies, les identités, sont portées par des dynamiques. Au contact les unes des autres, souvent dans des rapports de domination, toujours en recomposition, elles débouchent le plus souvent sur des hybridités, des métissages, regardés tour à tour comme problématiques ou féconds.
 
 
DU LOCAL AU GLOBAL
Les terrains de recherche sont extrêmement variés, du local au global. Ainsi, les études catalanes, entre langue, culture (traditionnelle et contemporaine, populaire et savante) et identité, constituent un point d’ancrage local original et fort. À l’opposé, les études hispaniques s’ouvrent d’une péninsule ibérique à la diversité souvent conflictuelle, vers les Amériques, et singulièrement la Caraïbe, riche laboratoire de créolisation du « Tout-monde », depuis longtemps exploré par le GRENAL  qui focalise son intérêt sur les Noirs en Amérique latine. La présence britannique en terre nord-catalane se conjugue avec la globalisation américanisée, au moment même où la France se pense en espace francophone.
La cohérence de l’axe « Langages et Identités » se joue – sous des formes diverses – dans la mise en dialogue de ces perspectives épistémologiques et la mise en regard de ces territoires, qui n’oblitèrent pas les champs disciplinaires qui s’y trouvent réunis, et qui doivent pouvoir avancer dans leurs domaines spécifiques. 
 
POSITIONNEMENTS ET APPORTS VIS-À -VIS DU CRESEM
Au sein du CRESEM, l’axe « Langages et identités » en s’interrogeant, entre autres, sur les données (recueil, édition et exploitation) se propose, dans le cadre du projet interdisciplinaire et inter-axes « Environnement(s) et Perception(s) », de développer une réflexion quant aux  incidences de l’environnement sur la perception et la représentation des données, et inversement de calculer les incidences des données sur la perception de l’environnement.
De fait, les données sur lesquelles s’appuient les recherches peuvent être de nature diverse (écologiques, sollicitées, sélectionnées, fabriquées, etc.), en ce sens, elles ne sont jamais neutres. Elles peuvent également être utilisées de manière différente dans le sens de « corpus driven » ou « corpus based » et donc aboutir à des résultats d’analyse sensiblement divergents. Il s’agit de mettre en œuvre, à partir de différentes méthodologies, une analyse de discours. 
Plus spécifiquement, le collectif de l’axe « Langages et identités », parce qu’il travaille sur plusieurs aires linguistiques et culturelles qui sont autant d’environnements, s’inscrit dans une optique comparatiste, d’étude des transferts culturels, des métissages et hybridations. Il envisage ces données tant du point de vue des rapports à l’environnement culturel et social proprement dit (écopoétique, écolinguistique, traduction), que du point de vue des rapports de force auquel il se trouve soumis (sociolinguistique, sociologie de la littérature, études postcoloniales).

MODALITÉS DE FONCTIONNEMENT
L’axe « Langages et Identités », étroitement co-animé par le Conseil formé par ses co-responsables, fonctionne en structure ouverte, avec pour toile de fond, les trois directions de recherche indiquées – recompositions identitaires, formes de l’oralité et de l’oralisation, et données. Les membres de l’axe ont tout loisir de prendre part aux sessions relevant de ces trois orientations, quelque forme qu’elles puissent prendre – séminaires, journées d’étude, colloques – en fonction de leurs propres lignes de recherche ou de leur intérêt à explorer d’autres voies, le plus souvent contiguës.
Les activités reposent sur les propositions émanant des différents membres, articulées et coordonnées. L’information est régulièrement diffusée par mailing interne, ainsi que par la responsable administrative du CRESEM et le service de la communication de l’UPVD sur les sites correspondants. Les doctorants rattachés à leurs directeurs membres de l’axe, sont eux aussi force de proposition et conviés à parité à prendre part aux différentes activités. Au moins une réunion de l’ensemble des membres de l’axe est organisée par semestre, après convocation formalisée par mailing.
 
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Mise à jour le 15 mars 2018